mercredi 29 octobre 2014

Présentation lors du colloque anniversaire de l'OJS

Observatoire Jeunes et soci�t�
https://www.youtube.com/watch?v=Oy9eCOl7Yg4

Colloque anniversaire sous le thème:
15 ans de recherche auprès des jeunes


« La recherche, outil de choix pour bâtir une politique pour la jeunesse? »
Lieu : Hall d’entrée de l’Édifice INRS-Québec

Au moment où le gouvernement du Québec s’apprête à élaborer une nouvelle politique de la jeunesse,  quelle place devrait occuper la recherche? Quelle vision de la jeunesse devrait inspirer ces politiques?  Deux questions qui seront abordées lors de la table ronde présentée en ouverture du colloque.

samedi 27 septembre 2014

Billet sur la valeur de l'espace!


C’est grand le Québec, dit-on! Je m’apprête à vivre l’une des expériences ultimes de l’étendue de notre territoire. Après avoir parcouru la très grande majorité des coins du Québec pour affaires, études ou pour le loisir, je m’embarque aujourd’hui pour les Îles-de-la-Madeleine! Particulièrement excité, car selon la bibliothèque familiale, après cinq générations, je suis le premier à retourner à l’endroit où se sont fixés mes ancêtres au retour du « Grand dérangement ». Toutefois, c’est à titre de développeur économique que ce cours voyage dans le golf du St-Laurent m’enthousiasme le plus. (Mon entrevue sur les ondes de CFIM)


Oui c’est grand le Québec, plus que la majorité d’entre nous (ruraux de la vallée du St-Laurent comme urbain) peut l’imaginer. Et pour moi c’est clairement une richesse. De tout temps les royaumes et autres états du monde  ne se sont-ils pas battus pour élargir leurs frontières à la recherche de ressources naturelles, de  nouvelles populations, de marchés pour l’économie métropolitaine, etc.  Et nous, Québécois du 21e siècle avons hérité de tout cela; un territoire vaste qui se conjugue en milliers de kilomètres.

En y repensant bien, avec l’état des finances publiques et la pyramide démographique qui s’inverse, est-ce devenu un problème? Au mieux un défi?

Mais quant est-il? Comment se faire une tête sur la valeur de cet actif collectif? Il y a, bien entendu, le fait que les secteurs agroalimentaire, de la forêt ou des mines sont des moteurs de l’économie de l’ensemble du Québec, mais encore!

À mon sens, ces espaces majestueux constituent à la base une partie, voire l’architecture ou l’ADN de notre identité collective québécoise. D’abord, l’idée que tout autour de nous est abondant, que la ressource est à portée de main nous a servis. Nous avons cultivé la terre pour nous nourrir et pour bâtir nos maisons, nos villes, puis les usines nécessaires à l’exploitation des ressources sont apparues et de là l’expertise à la racine du Québec Inc.  Mais au-delà de la ressource, il y a ces distances vertigineuses  qui ont concouru à bâtir la québécitude.

Pour beaucoup on se définit par rapport à l’autre et quand l’autre est loin cela a une influence sur la façon dont l’individu se définit. C’est la même réalité pour nos régions chez qui on a découvert certains traits et une identité territoriale forte. Concrètement, on retrouve cette réalité largement expliquée par le phénomène d’insularité. Au-delà de la lettre il s’agit de l’isolement, pendant un temps plus ou moins long, d’une communauté du reste de sa société d’appartenance au point où les insulaires en viennent à développer une perception d’eux-mêmes fortement teintée de leur relation de proximité avec l’environnement, par exemple. 
Ainsi, au 18e et 19e siècle, à une époque faite de temps longs, se sont développées la plupart de nos régions et certainement celles dont l’identité s’affirme avec le plus de vigueur. On imagine facilement l’épopée de nos amis Madelinots et Gaspésiens, mais il y a aussi, celle des Beaucerons, des Sagamiens et plus récemment nos compatriotes de l’Abitibi-Témiscamingue.

Aujourd’hui, évidemment, la distance ne se vit plus de la même façon, mais elle continue d’incarner ces particularismes régionaux qui demeurent fondamentalement importants et signifiants. Heureusement toutefois, pour l’entrée en scène des Québécois dans la modernité, le développement des modes de transport et des TIC a facilité l’interconnexion entre les différentes régions et les grands centres et permis de faire le pari d’un Québec moderne et ouvert sur le monde.

C’est voies de communication établies, nos décideurs, nos intellectuels, nos artistes, nos jeunes et nos entrepreneurs ont pu légitimement miser sur leur développement en puisant dans les énergies de leurs racines, en sachant que le monde leur était accessible sans pour autant se couper de leurs origines. Depuis, c’est autant de Dubuc, de Bouchard, de Lemaire, de Leclerc, de Dutils, etc., qui ont contribué au développement du Québec et à son rayonnement dans le monde. Il ne fait aucun doute pour moi que ce que les régions ont dans l’âme c’est-à-dire une relation à l’espace, au temps, au pouvoir, etc., contribue à rendre plus dynamique et plus prospère l’ensemble du Québec. 

Quand je retourne dans mes souvenirs, que je me rappelle mon grand-père agriculteur et forestier toute sa vie ou quand je pense à mon voisin toujours aussi actif sur ses terres à 80 ans et que je fais le parallèle avec ma propre vie aujourd’hui, je comprends mieux l’idée que l’espace et le temps n’ont pas la même signification en milieu rural et en milieu urbain. Pour mon grand-père le temps était long et circulaire. Il était rythmé par les saisons et l’idée que ce qui va mourir aujourd’hui pourra renaitre demain. Au bout du compte, ce qui était important était qu’à titre de seul maître de son environnement après Dieu, il avait la responsabilité d’entretenir le cycle. Mes amis Madelinots disent eux qu’ils ne regardent pas l’heure, ils regardent le temps.

À l’inverse pour ma part, j’ai l’impression que chaque minute compte. Qu’une heure dans le trafic, sur lequel je n’ai aucun contrôle, est une heure perdue à jamais. Que mon grand défi soit de gagner un temps qui ne m’appartient pas, voir que je doive le dérober à quelqu’un d’autre… Est-ce à cela que Sartre faisait référence quand il disait l’enfer c’est les autres?

Faut-il donc s’inquiéter de la diminution de l’accessibilité des services de transport[1]  reliant les régions les plus excentrées aux grands centres urbains? Ou du déploiement trop lent des communications Internet à large bande par rapport à l’évolution rapide de la planète internet, la nouvelle échelle de référence[2]? Certainement! Collectivement on ne peut considérer qu’une partie du Québec soit davantage ouverte sur le monde qu’une autre! Nous avons tous l’obligation de nous comparer aux meilleurs...fussent-ils à l’autre bout du monde.

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Par ailleurs, aujourd’hui plus que jamais, on ne peut imaginer ou faire l’économie d’une région n’assumant pas son plein potentiel au bénéfice de sa propre population d’abord, mais aussi pour l’ensemble du Québec. Cependant, la situation économique suggère que nous ne pouvons pas nous contenter de solutions faciles du genre tout au marché, tout à l’État ou tout au citoyen. Généralement, ni l’un ni l’autre n’a les moyens d’assumer seul le maintien des régions dans la chaîne de création de valeur. L’heure est à la responsabilisation de tous en faisant preuve de ténacité et de créativité; deux qualités dont les ruraux sont bien pourvus!

vendredi 12 septembre 2014

Billet sur l'emploi en région

L’emploi en région, du concret!

Aujourd’hui encore il est vrai de dire que les ressources naturelles ou plus largement le secteur primaire conditionne et rythme le marché de l’emploi dans l’ensemble des régions du Québec. L’agriculture est omniprésente dans la vallée du Saint-Laurent et les secteurs de la forêt et des mines génèrent un nombre important d’emplois au nord du fleuve. Dans les deux cas et dans bien d’autres secteurs qui y sont apparentés, on croise des gens que l’on pourrait qualifier de pragmatiques parce que leur emploi s’appuie sur du concret. Ce constat peut paraitre sans intérêt, simpliste même, mais dans un monde où l’instrumentalisation et la spéculation sont devenues les axes du bonheur, de replonger les mains dans la terre ou à tout le moins de rencontrer ceux qui le font encore quotidiennement est pour le moins salutaire.

Pour beaucoup de jeunes que je rencontre en région, l’emploi n’est pas seulement un salaire, voie d’accès à la consommation ou l’incarnation d’un statut social, c’est surtout une façon de pouvoir continuer à vivre à proximité de la famille et des amis. C’est aussi une façon de pouvoir habiter un endroit, un lieu qui leur est cher ou qui correspond à certaines valeurs importantes. C’est en partie pour ces raisons que l’on parle de drame lorsqu’une usine ferme ses portes en région (Résolu, Cascade, Électrolux, etc.). Et le drame est double voir triple. D’abord, il y a le choc de perdre son gagne-pain avec tout ce que cela implique puis il y a l’angoisse de devoir s’expatrier loin de son milieu de vie pour continuer à subvenir à ses besoins. Bien entendu, il s’agit d’une situation lourde de conséquences qui peut toucher chacun d’entre nous. Pour l’urbain toutefois, la probabilité de retrouver un emploi décent dans un rayon raisonnable demeure plus importante. Enfin, il y a l’impact direct sur la collectivité, par exemple l’offre de services de proximité, menacée par une spirale de dévitalisation (Via, Orléan, Post Can.).

Les dernières nouvelles entourant la fermeture de l’usine Cascades d’East-Angus et plus récemment de l’usine Résolu de Shawinigan, peuvent laisser perplexe quant à l’avenir du marché de l’emploi et de la pérennité de certaines régions. Dans un registre à peine plus positif, le ministère de l’Emploi prévoit une croissance modeste du marché de l’emploi dans le futur. Pourtant, certaines personnes, groupes ou entreprises parlent de pénurie de main-d’œuvre laissant entendre que les perspectives d’emplois sont plutôt bonnes pour les jeunes en région. Pas évident de s’y retrouver! Dans les faits, il s’agit d’une question de segmentation du marché de l’emploi en région. En effet, pour beaucoup de communautés, des besoins importants de main-d’œuvre, généralement qualifiée, se font sentir.

En réalité, on est en train d’assister à ce que certains ont qualifié de désindustrialisation, d’autres ont parlé de modernisation. Dans tous les cas, il s’agit d’une « tiercerisation » i.e. que l’économie des régions, principalement composée des secteurs primaire et secondaire, intègre de plus en plus du secteur des services. En même temps, les trois secteurs vivent une complexification scientifique ou technique qui nécessite davantage de qualifications pour faire le travail. Inutile de dire à quel point la question de l’éducation et particulièrement celle de l’éducation postsecondaire et professionnelle en région est cruciale.

Est-ce à dire que je vais rencontrer de moins en moins de ces mains terreuses, éminents pragmatiques solidement enracinés dans la réalité, dans un Québec de plus en plus virtuel??? Rien n’est moins sûr. Peut-être en nombre, mais certainement pas en qualité. Cette relation privilégiée à l’espace et au temps est certes un héritage qui se transmet de génération en génération, mais comme un bon rhume, c’est aussi quelque chose qui s’attrape dans la proximité. En attendant de tous attraper ce mal nécessaire, en fin de semaine avaient lieu les portes ouvertes de l’UPA. Des centaines d’entreprises agricoles ouvraient leurs portes pour montrer aux gens comment fonctionne une ferme, et dans certains, cas expliquer que le contenu de notre burger a déjà brouté paisiblement par ici bref, que la nourriture ne tombe pas du ciel, sauf peut-être pour les pomiculteurs.

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jeudi 8 mai 2014

Billet sur l’importance de l’immigration en région

Billet sur l’importance de l’immigration en région

Le renversement de la pyramide démographique est l’un des enjeux – sinon le plus grand – auxquels fera face l’ensemble des nations et des états occidentaux. Le Québec ne fait pas exception : il se dirige même plus rapidement que les autres vers un inquiétant déséquilibre sociodémographique, les régions à caractère rural en tête. C’est pourquoi, selon plusieurs experts, la mobilité internationale et interrégionale des personnes est devenue un indicateur de santé socioéconomique et un important facteur de développement. Il n’est donc pas étonnant de constater que le développement démographique et la question de l’attractivité des territoires soient devenus une priorité pour la majorité des régions du Québec. C’est dans cet esprit que l’Assemblée nationale a adopté, le 5 avril 2012, une loi-cadre pour assurer l’occupation et la vitalité des territoires, dont deux des principaux objectifs sont d’agir pour mieux habiter nos territoires et d’agir pour vivre de nos territoires.

Évidemment, l’avenir des régions à caractère rural du Québec est en partie lié aux décisions que prennent les jeunes originaires des milieux ruraux. Partir pour aller étudier, pour vivre dans un nouveau milieu ou encore pour découvrir le monde fait partie des grandes décisions dans la vie d’un jeune adulte. Cependant, avec le temps, ces décisions et la réalité engendrée pèsent lourd sur la viabilité sociale et économique des milieux de vie.

Encore aujourd’hui, le retour des jeunes ruraux dans leur milieu d’origine constitue un scénario de choix pour plusieurs communautés. Cependant, il demeure que, pour des raisons sociales, économiques, financières, etc., la pérennité de celles-ci ne peut s’appuyer essentiellement sur cette avenue.

L’avenir de la ruralité québécoise (30 % du PIB du Québec) appelle à un effort de créativité, notamment dans l’aménagement du territoire et dans l’organisation du « vivre ensemble ». Mais aussi et surtout dans l’ouverture à une transformation du portrait de la grande famille rurale par l’accueil et par l’intégration d’une immigration volontaire. Cela dit, il apparaît que cette manne sociodémographique amène son lot de défis complexes et de solutions contradictoires.

Le Canada et, parallèlement, le Québec sont deux des très rares États qui sélectionnent leurs immigrants. Dans un contexte mondial de concurrence pour l’attraction des talents, les immigrants qui se présentent à nos portes doivent être considérés comme des ressources de grande valeur. Les immigrants sélectionnés par le Québec pour leur profil de compétences et pour leur expertise ont donc des attentes, pour l’essentiel, très légitimes quant à leur intégration socioéconomique et à la concrétisation de leur désir de contribuer à leur société d’accueil. Ainsi, la migration devient de plus en plus l’incarnation d’un projet de vie et d’une stratégie d’ascension sociale basée sur le cumul d’un capital mobilitaire, et, de moins en moins, sur une fatalité.

Qualifiés, débrouillards et entreprenants, ils sont arrivés récemment ou sont de deuxième, voire de troisième génération et en quête d’un emploi qualifié.

Deux caractéristiques du profil de l’immigration au Québec attirent notre attention. La première est que 79,2 % des personnes issues de l’immigration déclarent connaître le français[1]. Chez les jeunes travailleurs qualifiés admis en 2013, 72,3 % d’entre eux déclarent connaître le français. Cela constitue un critère essentiel lorsque le projet de migration d’une région métropolitaine vers une région à caractère rural québécoise est envisagé. L’autre caractéristique, donnée particulièrement intéressante pour les employeurs québécois qui sont en démarche d’internationalisation, est le taux de bilinguisme des immigrants au Québec : 57,5 %. Ce taux est de 15 % supérieur à celui des jeunes québécois d’origine. À notre avis, il s’agit d’une ressource à ne pas négliger. Bien au contraire, car, à en croire les démographes, à partir de 2015, les immigrants représenteront la totalité de la croissance de la population active, devenant ainsi des acteurs majeurs pour l’ensemble du développement socioéconomique.

Ainsi, une saine planification et la synchronisation des interventions sur le plan de la promotion, de la sélection et, surtout, de l’intégration des immigrants apporteront leur lot d’avantages pour tous, de la communauté d’accueil en passant par les employeurs, l’immigrant lui-même, sa famille jusqu’à son pays d’origine (351 milliards de dollars en transferts de fonds en 2001 par rapport à 107 milliards de dollars en aide publique au développement international à l’échelle mondiale).

Pourtant, les candidats issus de l’immigration, notamment les nouveaux arrivants sélectionnés par le Québec, ont certaines difficultés à trouver un emploi à Montréal. Malgré leur bonne volonté, les immigrants font face à un taux de chômage qui demeure gonflé à près du double de celui des Québécois d’origine, soit 11,5 % contre 7 %.

Devant ce défi d’intégration socioéconomique, ceux-ci rivaliseront d’ingéniosité et adopteront différentes stratégies pour atteindre leur objectif et pour favoriser leur intégration à la société québécoise. La migration en région est, depuis 2008, une stratégie de plus en plus utilisée. D’autres stratégies, dont la déqualification temporaire dans le but spécifique d’acquérir l’expérience québécoise tant demandée par les employeurs ou une réorientation par un retour aux études, doivent, à notre avis, interpeller tous les acteurs en employabilité afin que ces stratégies d’intégration ne se traduisent pas en perte de capital de compétences. La recherche de stages, par exemple par le biais du programme Interconnexion, et l’optimisation des réseaux sociaux viendront compléter l’arsenal du jeune immigrant.

Cela dit, alors que l’immigration pourrait améliorer considérablement le niveau d’occupation et de vitalité des régions à caractère rural, il en est tout autrement. En effet, près de 80 % des quelque 50 000 nouveaux arrivants, dont près de 70 % ont moins de 35 ans[2], s’établissent chaque année dans la grande région métropolitaine de Montréal, comparativement à un très mince 1,9 % dans les 7 régions ressources du Québec. Ainsi, à peine 943 des 49 489 nouveaux immigrants en 2009 projetaient de s’établir dans l’une ou l’autre des 7 régions ressources du Québec. En contrepartie, et à elles seules, les îles de Montréal et de Laval attiraient 38 414 immigrants. Les statistiques récentes démontrent que les initiatives de régionalisation de l’immigration telles qu’elles sont appliquées peinent à renverser la métropolisation de l’immigration.


Immigrants admis de 2001 à 2010
Présents en 2012
Immigrants admis de 2003 à 2012
Présents en 2014
Taux de présence 75,9 %
Taux de présence 75,7 %
Résidents de la RMM[3] 75,2 %
Résidents de la RMM 74,9 %
Résidents de la CMM[4] 80,7 %
Résidents de la CMM 80,8 %
Sources : Résultats de l’enquête auprès des immigrants de la catégorie des travailleurs qualifiés (ETQ) – 2013

L’intégration économique des immigrants plus rapide dans les plus petites régions

Selon une étude de 2008 de Statistique Canada, il en ressort que l’intégration des immigrants habitant dans les petites régions moins urbanisées est meilleure que dans les grands centres, et cet avantage s’accentue au fil des ans. L’étude définit l’intégration économique selon deux aspects : l’écart initial de revenu au moment de l’établissement entre les immigrants et les Canadiens, puis la vitesse de convergence ou le rattrapage subséquent à mesure que les années passent.

Dans les très grandes régions urbaines, précise cette étude, l’écart initial de revenu est de 37 %. Après quatre ans, il est de 22 %, et il faut attendre la douzième année pour qu’il tombe sous le seuil de 10 %. En revanche, dans les petites régions urbaines, l’écart initial n’est que de 14 % et, dès la quatrième année, les immigrants gagnent 2 % de plus que les Canadiens. L’avantage relatif des immigrants continue d’augmenter au cours des années pour atteindre un sommet de 18 % à la onzième année[5]. Ainsi, bien que les immigrants aient un revenu plus faible dans tous les types de régions, l’écart se rétrécit à mesure qu’on se déplace le long du gradient d’urbain à rural.

En y regardant de plus près, on constate qu’il devient évident qu’une meilleure intégration des immigrants au Québec, notamment par l’amélioration du processus de régionalisation, servirait plusieurs causes. Celle de l’immigrant d’abord, celle de la communauté et, certainement, celle de l’économie du Québec, car une meilleure intégration des immigrants amènerait une augmentation du PIB de 2,1 %. S’il est devenu incontournable de rétablir la santé financière du Québec pour assurer une certaine équité intergénérationnelle, il y a certes la rationalisation des dépenses, mais aussi – et surtout – la rentabilisation des actifs. Comme le mentionnais le  ministre délégué aux Petites et Moyennes Entreprises, à l’Allègement réglementaire et au Développement économique régional, monsieur Jean-Denis Girard, il n’y a pas que la colonne des dépenses à scruter : il y a aussi la colonne des revenus à gonfler.

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Chronique du 2 mai 2014 au Midi-Actualités avec Jean-Philippe Trottier. La discussion touchait la question de l'immigration et son importance pour les régions.



[3]
RMM : La Région métropolitaine de Montréal regroupe les régions administratives de Montréal et de Laval ainsi que l’agglomération de Longueuil.

[4] CMM : La Communauté métropolitaine de Montréal inclut 82 municipalités.

[5] André Bernard, « Les immigrants dans les régions », Perspective, Statistique Canada, janvier 2008, p. 8, www.statcan.gc.ca/pub/75-001-x/2008101/pdf/10505-fra.pdf.